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L'héroïne de Loos évoque ses souvenirs
par kiki le, 10/08/2007  

EXCLUSIF RELAIS

Emilienne MOREAU,
L’héroïne de LOOS,
Et Just EVRARD
Evoquent leurs souvenirs.

Lens – 89 rue Etienne Flament. Une maison ancienne, qui fait angle. Un intérieur chaud et intime. Des murs tapissés de souvenirs. Une lampe de mineur : celle qui fut offerte à Roger Salengro le 11 Octobre 1936. Un guéridon que l’on devine à peine, sous un plateau d’argent, gravé… aux armes d’hitler, cadeau du Maréchal de Lattre de Tassigny. Une vitrine-musée, d’où se détache une tasse décorée à l’or, cadeau de la Reine d’Angleterre…

Nous sommes chez M. et Mme Just Evrard, qui, est-il besoin de la rappeler, sont deux des figures de proue de la Résistance Française. Qu’il s’agisse de celui qui fùt appelé à siéger à l’Assemblée Consultative d’Alger pendant la seconde guerre mondiale ou de celle qui, plus connue sous son nom de jeune fille – Emilienne Moreau – devint, dès l’âge de 17 ans, l’héroïne de Loos.

S’ils ont, tous deux, passé une partie de leur vie à défendre la cause de leur pays, M. et Mme Evrard n’en sont pas moins toujours restés profondément attachés à la région minière, d’où ils sont originaires. Et c’est avec le plus vif intérêt qu’ils ont lu notre numéro spécial « 250 ans d’histoire dans les mines du Nord ».

- Emilienne Moreau : Nombreuses sont les pages où nous nous sommes longuement arrêtés, car elles nous rappelaient mille et une choses que nous avons connues, ou dont nous avons entendu parler dans notre jeunesse.

- Je pense par exemple à la photo de la Foose 7 de Lens, où mon grand-père travaillait : je suis en effet petite-fille et fille de mineur. Mon père, qui sortit premier de l’école des Maître Mineurs de Douai, termina sa carrière comme Chef-porion.

- C’était quelque chose de formidable, pour la petite fille que j’étais, que de le voir revenir avec sa quinzaine et faire trébucher sur la table de magnifiques louis d’or. Ma mère les rangeait amoureusement dans l’armoire de la cuisine, toujours dans le même tiroir. Je ne sais comment elle s’y était prise - on gagnait peu à l’époque – mais toujours est-il qu’elle était parvenue à faire des économies. Et quand la guerre 14 fut déclarée, elle fit don à la France de toutes les pièces qu’elle avait mises de côté avec tant de soin, ce qui lui valut un beau certificat.

- Just Evrard : C’est à partir de ce moment-là que l’on commença à voir apparaître les billets.

- E. Moreau : Et ce qui faisait mon admiration de gosse avait disparu à jamais.

J. Evrard : Je ma demande si ma mère a pu, quant à elle, jamais faire des économies, tout au moins dans les trente premières années de son mariage. Mon père n’était autre en effet que Florent Evrard, l’un des pionniers du syndicalisme, et dieu sait si, à l’époque, ceux-ci menaient une vie difficile.

Il faut dire que mon père avait très vite été préparé aux dures réalités de l’existence. Entré dès l’âge de huit ans aux mines d’Anzin, il commença par aider sa mère, qui était hercheuse à la fosse Lambrecht. Celle-ci transportait des bois de mine sur une brouette jusqu’aux abords du puits : mon père l’aidait à tirer sa charge, au moyen d’une bricole.

Employé aux travaux du fond dès l’âge de dix ans, il se révolta très vite contre les conditions de travail de l’époque. Prenant une part active dans toutes les grèves, il se fit maintes fois « mettre à pied » . On lui « rendait son livret « , comme on disait à ce moment-là, ce qui signifiait qu’il ne pouvait plus se faire embaucher dans aucune des usines des environs. Il était donc obligé de changer de métier, étant tantôt manœuvre, tantôt voyageur de commerce, ou tantôt cabaretier. Et ma mère, pour améliorer quelque peu les revenus du ménage, allait « démarier betteraves », accompagnée de deux de ses enfants.

L’activité syndicale, vous le savez, fut interdite pendant fort longtemps. Aussi les premiers syndicalistes devaient-ils travailler dans la clandestinité : jouant à la cholette, mon père et ses collègues s’approchaient lentement du bois d’Hasnon, et c’est là qu’ils échangeait les directives pour les actions à entreprendre au fond… ou au jour.

- E. Moreau : C’est d’ailleurs au cours d’une de ces parties de cholette que Basly apprit qu’il avait été élu Député. Le Sous-Préfet de l’époque, avec son bicorne et sa plume d’autruche, vint lui-même sur les lieux pour lui annoncer la nouvelle.

Et comme la redingote et le chapeau haut-de-forme étaient à ce moment-là de rigueur à la chambre des Députés, Basly, qui n’avait pas les moyens de faire de telles acquisitions, se fit « rhabiller » un peu par tout le monde !

Relais Décembre 1970 N° 22.
A suivre


  ( 2 photos)  


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