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le mineur
par nouzautes le, 24/03/2008  


Le Mineur


Il partait comme tous les jours, non pas « dès potron-minet », car l’expression n’était pas connue ou n’existait pas encore, mais, » pour quatre heures ». C’était ainsi que l’on disait partir au boulot ou bien encore, aller à’l’fosse : nom le plus utilisé pour désigner la mine.

En se levant, réveillé par sa femme qui s’était levée encore plus tôt, il buvait son café, qu’elle avait préparé comme chaque matin après avoir activé la cuisinière à charbon, passé patiemment dans la cafetière avec de l’eau additionnée de chicorée qui restait pratiquement toute la journée sur un coin de la cuisinière.
Encore fallait-il avoir pensé le soir à aller chercher un broc d’eau à la pompe, quand l’eau n’arrivait pas encore au robinet dans toutes les cités, et le confort n’arrivait que très lentement. On trouvait donc deux ou trois pompes par rue, et il suffisait d’appuyer en haut de la pompe sur une boule pour voir couler l’eau. Et en ces temps pas très lointains, les hivers étaient bien plus rudes et aussi sans eau.

Sur la table, la mallette (petit sac de toile de drap fermé par un lacet) était prête, avec à l’intérieur, son briket (casse croûte fait de grandes tartines) qui changeait de nom s’il en restait en rentrant de la fosse, et s’appelait alors « pain d’alouette » Ce bon pain d’alouette qui faisait le régal des enfants, à l’heure du goûter, quand ceux-ci ne se disputaient pas pour l’avoir. Le briket, de pain beurré … était aussi souvent tartiné de saindoux salé et poivré et quelques fois accompagné d’une pomme. Les tartines étaient grandes car à l’époque on faisait des pains de trois livres, à cause des grandes familles, dans certaines familles, le pain était l’essentiel de la nourriture. Au goûter les pains au chocolat n’existaient pas et on se régalait parfois de tartines beurrées sur lesquelles on écrasait des fruits, de préférence les bananes ou les fraises.

Le briket, allait dans une musette (sac de grosse toile ou de caoutchouc). Quand elle était faite de grosse toile, la musette avait la forme d’un long boyau fermé en haut par une corde, et, quand elle était de caoutchouc (récupéré sur les déchets de tapis), celui-ci reliait au moyen de clous, deux planches de bois ovalisées, à la manière des sacoches de facteur qu’on voyait dans les vieux films. La musette servait donc à transporter le briket et la boisson, souvent de l’eau additionnée de café, dans un boutlot (sorte de gourde allongée en aluminium pour qu’elle ne casse pas en cas de choc). La musette servait au retour à rapporter une gaillette ou une raccourche. La gaillette faisait la fierté du mineur quand il pouvait en rapporter une, (ce qui était interdit) ce gros morceau de charbon que l’on mettait dans le feu pour réchauffer un bon coup la maison ou lorsqu’il fallait faire bouillir la soupe ou la lessive. Il fallait qu’elle soit de bonne taille mais qu’elle entre dans la musette.

Quant à la raccourche, elle démarre dans les longueurs de sapin qui servaient à étayer les galeries, c’est la longueur en trop que l’on coupait, que l’on rapportait à la maison et que l’on débitait à la hache pour allumer le feu ; et le mot raccourche vient du fait qu’on avait raccourci un morceau de bois.

Il existait plusieurs types de poêles à charbon et de différentes marques, la plupart étaient équipés d’un pot en terre cuite ou en fonte dans lequel brûlait le charbon et avait un petit trou à la base par lequel on attisait le feu, à l’aide d’un tisonnier, et ce trou s’appelait la gueulette. On racontait alors que certains, pour ne pas brûler d’électricité, lisaient à la gueulette du feu.
Le mineur bénéficiait d’un logement gratuit (dont le loyer était prélevé sur le salaire sous la rubrique « avantages en nature ») et du charbon. Pour ce faire, ils percevaient des bons de charbon livrés à domicile avec un tombereau tiré par un cheval, cet attelage était mené par un « carieu d’carbon »nom donné parce qu’il charriait le charbon. Le précieux charbon était déversé en tas devant chaque maison et selon les individus, l’on disait un mont ou un bon de charbon.

La lessive qui commençait le lundi ne portait pas ce nom, on l’appelait « faire eul’buée » et pour cause, la buée qu’elle dégageait à bouillir dans une bouilleuse (lessiveuse en tôle galvanisée). Très tôt on activait le poêle à charbon et l’on faisait bouillir le linge comme on fait bouillir la soupe, et ainsi passait la moitié de la semaine à laver, à rincer, à sécher et à repasser le linge de la maison et les soirées étaient souvent occupées à repriser ou raccommoder les chaussettes et autres effets ou à tricoter pour l’hiver. Les loisirs étaient rares, la télé n’existait pas, mais dans la vie quotidienne, de toutes petites choses devenaient de grandes joies ; quand la mère vérifiait si la lessiveuse bouillait bien, les enfants avaient plaisir a regarder l’eau sortir du champignon comme une fontaine arrosant le linge. Autre plaisir en voie de disparition était le pain d’chien, rien à voir avec notre ami à quatre pattes, qui n’était autre qu’une pâtisserie faite avec le pain rassis.

Le savonnage, car on l’appelait ainsi, s’obtenait en coupant à l’aide d’un couteau des copeaux sur un gros savon de Marseille ou un persavon que certains appelaient une brique de savon ou une pierre à savon, l’Omo et le Bonus (ancêtre de bonux) n’étaient pas présents dans tous les foyers, mais le linge était aussi bien lavé. Dans la lessiveuse, ainsi que dans le chaudron dans lequel se baignait le mineur en rentrant de travailler, quand il ne se lavait pas au lavabos (c’est ainsi qu’on appelait la salle des douches) on ajoutait souvent une poignée de cristaux de soude (la potasse) pour adoucir l’eau.
Les lavabos portaient aussi le nom de salle des pendus, parce que les vêtements des mineurs y étaient accrochés au plafond.

Quant à la toilette, beaucoup la faisaient au savon « sunlight » qui était prononcé sinlich, l’anglais ne s’apprenait pas encore à l’école, et il était de coutume que le mineur n’utilise pas de gant de toilette mais se servait de son béguin, ainsi il avait toujours la tête propre. Le béguin était la coiffe faite de toile bleue comme les vêtements de travail du même nom que portaient les mineurs, et se portait sous la barrette. La barrette qui s’est modifiée dans le temps, à commencer par une sorte de chapeau plat en cuir très épais et à larges bords prévu pour protéger la tête du mineur et devint par la suite un casque en matière plastique sur lequel s’accrochait la lampe chapeau fonctionnant sur batterie et ayant succédé à la fabuleuse lampe de mineur.

Le mineur retirait sa lampe à la lampisterie, en y laissant sa taillette, précieuse et indispensable, cette pièce de métal portait le matricule du mineur et permettait en permanence de connaître les présents dans la mine. La lampe du mineur en plus d’éclairer, permettait de déceler le grisou, ce gaz si dangereux et mortel : en effet la présence du gaz, donc la raréfaction de l’oxygène faisait baisser la flamme.

Les toiles bleues se composait de deux pièces, veste et pantalon, veste eu l’on appelait bourgeron dans d’autres professions ou corps de métier, et c’était aussi le vêtement de jardinage qui à cette époque n’était pas un loisir mais une base d’alimentation car chez tous les mineurs, on avait le culte du jardin ; certains même louaient un champ quand la famille était nombreuse ce qui n’était pas rare. Ces jardins tirés au cordeau et toujours bien tenus faisaient la fierté des mineurs. Et en bon patois bien écrasé, on ne disait pas des toiles bleues, mais « des loques eud’fosse »

A l’heure de la remonte, les enfants fixaient les molettes (appelées aussi moulettes), en attendant de les voir tourner, signe que les cages remontaient les mineurs du fond ; ces molettes, grandes poulies au diamètre imposant dans lesquelles glissaient les câbles qui permettaient de monter et descendre les cages. Les molettes étaient perchées en haut du chevalet qui quand la mode du nouveau vocabulaire fut arrivée, maintenant le chevalet s’appelle un chevalement ; leur nom ne changeant pas leur fonction, on en trouvait aussi bien au puits d’extraction qu’au puits d’aération.

Les cages d’ascenseur, apparemment rudimentaires mais très solides, étaient faites de tôles, les mineurs y embarquaient dans la partie supérieure, alors que la partie basse transportait le charbon et les matériaux d’extraction dans des wagonnets appelés aussi berlines. Si les enfants regardaient les molettes avec un intérêt certain, car leur père aller remonter, c’est avec une autre curiosité qu’ils suivaient des yeux les wagonnets montant au sommet du terril, où un mécanisme basculait l’ensemble afin de déverser les terres issues du triage, et qui jour après jour donnaient sa forme et sa hauteur au terril : cône immense, visible a des kilomètres et qui faisait la fierté des mineurs.

Ils avaient bien mérité leur repos après leur dur labeur, et, quand le temps leur permettait, dans les corons, on voyait tous les mineurs accroupis devant leur maison (pardon !) à leur coin de pignon.

Leur labeur se trouvait dans les profondeurs de la terre, parfois à mille deux cent mètres : dans le noir, la chaleur ou le froid selon les galeries, parfois dans l’humidité, et si les lampes les prévenaient d’une présence gazeuse, un ruissellement pouvait leur faire craindre une inondation, alors il leur faudrait courir pour remonter par les échelles accrochées aux parois du puits de descente. Un autre moyen d’alerte était le bois de sapin qui servait au soutènement des galeries car il craquait et ainsi les mineurs étaient prévenus d’un possible éboulement. Tout comme la fuite des souris (parfois nourries de miettes de pain) pouvait les prévenir d’un danger imminent.
Et si la galerie venait à s’effondrer le casque qu’ils portaient leur offrait une protection bien illusoire.

Quand le mineur sortait de la fosse, il souriait rarement, épuisé de sa dure journée, noir comme eune gaillette, il se hâtait de passer aux lavabos ou alors rentrait chez lui où le chaudron l’attendait pour le bain ainsi qu’un bon repas.
Hormis les souris, dans le monde animal, le cheval a vécu aussi avec le charbon, c’est lui qui tirait les wagonnets avant la mécanisation ; et quand un cheval était descendu, il ne remontait jamais. On raconte que les chevaux savaient compter, si on leur ajoutait un wagonnet de plus que d’habitude, il refusait de tirer. C’était une race de chevaux de trait de petite taille et très robuste et il en reste un exemplaire empaillé au musée de la mine de Lewarde dans le Nord.


 


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