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il y a 60 ans Sallaumines, 19 avril 1948
par bourdonb le, 20/04/2008  

Ce lundi 19 avril après-midi, 365 hommes travaillent au fond de la mine relié au jour par deux puits voisins : le 11 (entrée d'air) et le 4 (retour d'air).

Vers 17 h 35, soudain une violente explosion. Une flamme géante sortant du puits 11. Un nuage de poussières noires. La cage supérieure, projetée à 20 mètres au-dessus du clichage, s'est incrustée dans le chevalement ; les bâtiments annexes sont détruits, la maçonnerie du cuvelage est disloquée. Les installations du jour sont ravagées. Une fumée épaisse, noirâtre, monte vers le ciel. La terre a tremblé.

Les filles du triage. Les hommes. Que sont-ils devenus ? Au jour. Au fond de la mine. Combien de blessés, combien de morts ?

Au jour, trois jeunes trieuses de charbon affreusement brûlées sont dirigées sur l'hôpital Sainte-Barbe de Fouquières-lez-Lens.

Impossible de gagner le fond par le puits 11. Ni par le puits 4. Une cage y remontait : elle est coincée dans le guidage à 70 mètres de profondeur. Des hommes sont à bord.

Le spectre de la catastrophe de Courrières de 1906 apparaît une nouvelle fois. Vite, à la fosse 3 de Méricourt. Des équipes de volontaires se forment. Sous la direction de Leblond, délégué mineur de la fosse 4, et d'agents de maîtrise, elles gagnent les lieux de la catastrophe par des galeries souterraines ; personne ne songe un seul instant à la menace de mort qui pèse sur chacun : éboulements, nouvelles explosions. Les sauve­teurs de l'équipe spéciale du poste central de secours de LIEVIN, alertés, arriveront un peu plus tard.

Des survivants avaient constaté l'impossibilité de remonter par le puits 4. Ils emmènent des blessés vers le puits de la fosse 3 distant de deux kilomètres. D'autres essayent d'éteindre des débuts d'incendie avec de l'argile, parfois mouillée d'urine. D'autres encore errent, traumatisés, hagards.

L'explosion a pulvérisé toutes les lampes aux abords des accrochages des puits 4 et 11. Une vision dantesque attend les sauveteurs. Des cadavres brûlent, prenant des formes démo­niaques ; les blessés sont nus : la flamme a brûlé tous leurs vêtements, et atteint l'intérieur de leur corps. Des cris, des gémissements, des râles. Des chevaux sont momifiés. Le garde d'écurie est mort.

Le bruit de l'explosion, l'épaisse fumée qui s'échappe du puits et que l'on aperçoit de loin, le tremblement de terre, c'est pour la population de Sallaumines et des environs le présage d'une catastrophe dont la nouvelle se répand comme une traînée de poudre à travers les cités. Pour les familles des mineurs accourues en hâte, commence devant la grille de la fosse 4 d'abord, devant celle de la fosse 3 ensuite, une attente pénible qui se poursuivra tard dans la nuit : on était inquiet sur le sort d'une centaine de mineurs.

L'infirmerie de la fosse 3 est transformée en chapelle ardente. On attend, on espère à tout prix ; et, quand il n'y a plus d'espoir, quand on sait, cela devient atroce : l'identification d'un être cher, mutilé, défiguré.

Entre-temps, la circulation a été rétablie dans le puits 4 où les dégâts sont minimes. A l'intérieur de la cage débloquée, trois hommes : l'un gravement brûlé, l'autre légèrement blessé ; le troisième, sain et sauf, remonte par les échelles. Des sauveteurs descendent maintenant par ce puits.

Mardi matin, vers quatre heures, la remonte des corps est terminée. Deux jeunes filles, employées au triage, et un prisonnier de guerre allemand sont portés disparus. Pulvérisés peut-être par le souffle de l'explosion, la gerbe de feu. Dans la journée, au sommet du chevalement, une main calcinée est découverte.

12 morts, 35 blessés : tel semble être le tragique bilan de la catastrophe ; la centaine de mineurs, dont on avait craint qu'ils aient été ensevelis ou emmurés, étaient remontés vers minuit.

Commence alors une autre opération de sauvetage dans les hôpitaux des anciennes compagnies des mines de Courrières et de Lens, celle des blessés : notamment à l'hôpital de Fouquières-lez-Lens. Sur les 30 blessés qui y sont soignés, 9 sont dans un état très grave.

Sous la direction du Docteur Delcourt, l'équipe de chirurgie locale composée des Docteurs Fiévez, Lugez et Masquelier, ainsi que le personnel médical, sont en permanence au chevet de ces brûlés vifs dont la vie est en danger. A 7 heures du matin, arrive de Paris, en voiture, le groupe de « réanimation-transfusion » de l'hôpital Foch amenant 150 ampoules d'un demi-litre de plasma sec américain. L'Institut Pasteur de Lille avait de son côté mis à la disposition des médecins six litres de plasma. Le conseiller médical des Charbonnages de France arrive dans l'après-midi avec 200 ampoules de plasma.

La salle où sont soignés les plus grands blessés est interdite au public. Au-dessus de chaque lit, des appareils compliqués, flacons, bouteilles d'oxygène que des caoutchoucs relient aux brûlés. Chirurgiens et personnel soignant opèrent, masque sur le visage.

Dans une autre salle, trois jeunes trieuses, les yeux clos, endormies par des calmants. Pauvres jeunes : les mains, les bras, les visages sont affreusement brûlés ; les chairs à vif, rouges de mercurochrome ; des taches de charbon sur le corps comme si le charbon avait brûlé sur leur peau.

Le corps médical tente l'impossible pour soulager, sauver ces hommes, ces femmes, meurtris dans leur chair.


 


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