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par graduche le, 10/02/2009  

Un extrait de mes archives...
Après les 13 et 24 Janvier 08, une petite tranche de vie....
Graduche Jacques Thuillier


Aujourd'hui à Marie II, c'est le nom de la veine de charbon que nous suivons, le travail est exténuant. Le front de taille ne fait qu'un mètre à peine de hauteur, et les abatteurs avec leur piqueur sont contraints de travailler en position demi assise,sans rien pour s'appuyer le dos, tout en tenant d'une main le marteau piqueur à air comprimé et de l'autre une large pelle pour charger derrière eux ,sur un convoyeur blindé qui fait un bruit d'enfer,le charbon et les pierres décrochés du front. C'est ce qu'on appelle l'abattage.
Le bruit et la poussière envahissent nos corps saoulés d'efforts et recouverts d'un saupoudrage de poussier de charbon et de silice veiné par les coulures de la sueur qui nous indique en dégoulinant d'où agît la force d'attraction, dans ce lieu aux repères faussés,où le sol n'est pas toujours aux pieds, comme sur le plancher des vaches!Nul besoin de fil à plomb : la lampe pendue au toit en tient lieu, comme l'urine qui dévale la pente. Par le courant d'air continu sur le corps, on perçoit d'où arrive le vent et le circuit d'aération qui indique le chemin du retour.
Les mineurs au fond comme les marins en mer doivent à l'observation des phénomènes les plus simples de savoir se repérer dans un environnement à priori chaotique et décalé.

Les galibots servent les abatteurs du front de taille. Depuis les grandes bowettes jusqu'au pied de taille nous amenons les bois longs et les étançons avec des trucks sur rails qu'on pousse sur de longues distances, empruntant parfois des plans inclinés nécessitant le recours à des treuils capricieux.
Nous approvisionnons les abatteurs en matériel bois et fer destiné au soutènement jusque dans la taille,à leur portée, car c'est à eux et aux boiseurs de poser les soutènements pour assurer le toit. C'est ainsi qu'il me faut ramper sur un sol ruisselants d'eau poussiéreuse, sur les genoux et le bras gauche, le droit trop court pour enserrer complètement une bille de bois de pin sans écorce dont les plaies orangées exsudent une résine qui me colle et m'irrite la peau du thorax et de l'intérieur des bras.. Cependant, j'aime cette odeur témoin de la vie d'en haut qui contraste avec la touffeur parfois écœurante qui stagne dans ces boyaux souterrains.
Me traînant courbé, cassé, tirant le bois dans une position anti-naturelle, je suis contraint d'incliner le chef, n'éclairant plus que mes genoux et laissant devant moi un trou noir mat, absolu.. J'avance à l'aveugle et, patatras! ma barrette tombe, retenue dans sa glissade vers l'aval par le fil électrique de la lampe frontale. Dans un mouvement réflexe de la tête vers l'arrière, je heurte violemment une arête dure qui m'assomme presque. L'intérieur de mon crâne résonne curieusement durant quelques secondes. Une tiédeur douçâtre presqu'irréelle s'étale en nappe sirupeuse vers ma joue. C'est sur la section d'une longueur de rail fixée au plafond en guise de soutènement que je viens de me heurter violemment et qui m'a blessé.
Quasi inconscient après le choc, je perçois du mouvement alentour et reprend peu à peu pied dans la réalité, doucement caressé par l'air plus vif de la bowette je me retrouve dans la cage de remontée, puis allongé dans une ambulance qui me conduit à l'hôpital de Lens, où je termine sur une table d'opération, aveuglé par un scialytique, tandis que des soignants suturent ma plaie temporale, tout en échangeant des propos de corps de garde qui m'étonnent et me rassurent à la fois.
L'ambulance me ramènera à la maison, à la nuit tombée.
Durant les quelques jours de convalescence qui suivirent, je m'interrogeais pour la première fois sur l'opportunité de poursuivre dans cette voie.
.../...

Deux jeunes mineurs ont été écrasés par un coup de terrain. La zone est dangereuse, le caillou est détaché et encombre le bas de taille et la voie.
Charlot, Auguste et l’équipe de sauveteurs, progressent néanmoins sous le caillou, tels des taupes, pour rejoindre les corps écrasés de Dujardin et son camarade d’infortune. L’air leur manque et on leur envoie des jets d’air par un flexible (tuyau en caoutchouc flexible alimentant d'habitude les marteaux piqueurs).
Sur le carreau des centaines de personnes attendent des nouvelles, observant les molettes en haut du chevalet qui nous disent les mouvements de la cage
Certains viennent partager un moment de silence et de fraternité et rejoignent leur domicile au baraquement ou dans les corons proches.
Chaque sauveteur exténué qui remonte est entouré, questionné par les cadres et les équipes de secours.
-Rien, Rien, ça avance mais il faut monter des piles en avançant. On ne peut pas utiliser d'explosif.
Les ingénieurs sont regroupés en conciliabule, graves.
Les ambulances des Houillères sont prêtes au départ en urgence.
-On les a !
Manœuvres, mouvements, lampes frontales encore allumées au jour, ambulances qui démarrent attroupement autour de Monsieur Cuvelette, l'ingénieur du 2., le visage maculé de noir, la barette pendant au bout du fil de sa lampe,passée autour du cou. Les premiers sauveteurs, on le sait tous, sont à la douche. Il faut respecter ce temps de décompression.
J’apprends par Charlot que la détermination de l’identité de chacun de nos deux camarades a posé des problèmes. La reconnaissance des corps étant incertaine, c’est aux vêtements qu’ils portaient en descendant qu’on pourra les discriminer. Une chaussure reste introuvable et il a fallu contacter la famille et les copains du poste pour savoir de quoi étaient vêtues les deux victimes.
L’un devait se marier bientôt.

Les obsèques ont lieu quand le jour tombe.
Les cercueils sont portés sur les épaules par des amis, alors que d’autres semblent faire une haie d’honneur, se réservant pour relayer les porteurs fatigués.
La place du Cantin est noire de monde, des milliers de personnes sont là, venus de Lens, et de tout le bassin minier. A part les équipes de sécurité, personne ne travaille aujourd’hui.
L’école des mines défile avec les syndicats, la direction, la population, et quelques milliers de mineurs en tenue, la lampe allumée, les gueules noires qui suivent en silence les corps, à une dizaine de mètres derrière.
Depuis le haut du Boulevard Basly, on voit le cortège et toute la foule en surplomb.
Dans la masse compacte et sombre de la rue, composé d'hommes en rangs serrés avançant lentement, au pas, le pic de mineur posé sur l’épaule, comme la hache des sapeurs de la Légion Étrangère, le flot humain progresse vers la ville. Les points lumineux formés par les lampes se détachent dans la nuit naissante en ruban de novas oscillant au rythme de la marche solennelle.
Le silence est absolu, hormis le martèlement las mais déterminé des godillots sur le pavé, à la façon d'une vague que rien n'arrêtera.
Les marocains sont absents, car les Houillères du Nord et du Pas de Calais font signer aux ressortissants marocains, avec le soutien des autorités chérifiennes, un contrat leur interdisant de se syndiquer et de faire grève.
Ces camarades représentent pour nous le symbole de notre condition, et il n’est pas question de leur reprocher leur absence. Ils nous ont fait savoir leur peine fraternelle, nous n’en parlons pas en public pour ne pas leur porter préjudice.
Certains de ces hommes pleurent de rage, d'autres gardent les yeux secs : question d'honneur! Tous nous sommes marqués par ce sentiment diffus d'être un peu sacrifiés sur l'autel de la production.
En pleurant, c'est aussi sur soi qu'on pleure. Je comprends plus encore ce qui relie les mineurs entre eux. Jusque là, le danger du métier m’était connu à travers Courrières, la visite de son cimetière et Zola. Aujourd’hui, pas d’Histoire, pas de littérature : des camarades sont morts.
C'est après deux blessés graves de plus que j'ai décidé de quitter les Houillères qui m'ont laissé au cœur le sentiment jamais démenti d'y avoir connu des camarades exceptionnels de générosité et d'intelligence. Mineur un jour, mineur toujours!

JT

par maurice devos le, 11/02/2009

Salut graduche, j'viens d'lire et'n'artique, j'ai connu cha in 1958, al'tal' St Victor au 9 ed'Lens, j'avos 19 ans et min camarate, tué par inn' gaillette qui s'a delavée, aussi
inn' paire ed'mos plus tard j'partos à l'armée, mais au lieu ed'faire 4 mos j'n'ai fais 28 dont 24 in Algérie, mais j'ai toudis argretté min vrai métier ed'mineur


 


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