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Lampes de mineurs
par PAILLART André le, 10/05/2009  

Passionné par les lampes de mineur, dont je suis un fervent
collectionneur, je vous fais partager quelques descriptifs et photos des dernières pièces qui ont rejoint ma collection le mois dernier.
Ces lampes ont pour pays d'origine, la France, la Belgique et l'Angleterre.
Elles ont toutes connu un vécu minier au fond des fosses
d'exploitation de charbon, il y a plus d'un siècle pour certaines...

Photo 1 :
Il s'agit d'une lampe Belge Carmill Cornil Gilly de Liège, de type Marsaut Bonnet avec verre Baccarat MC 10. Alimentation en air par le bas.
Cette lampe a été reconstituée à la lampisterie avec une base différente de la cuirasse compte tenu des marquages différents: 406 sur le réservoir et 411 sur le chapeau de la cuirasse.
Remplacement couramment usité par les lampistes, lorsqu'une lampe était "blessée".
Elle est dotée d'une fermeture électromagnétique à cliquet simple actionné par ressort à boudin et d'un crochet double, dont le plus grand est de type Allemand (pouvant se planter dans les boisages au fond).
La cuirasse est rivetée.
Le rave est conçue pour l'adaptation d'un rallumeur au fulminate de mercure de type horizontal.
Cette pièce date de 1908, elle mesure 30 cm de haut sans les crochets et pèse 1,700 kilos.

Photo 2 :
Voici une très ancienne lampe Wolf à benzine à introduction d'air par le bas, type Bruay 1901.
Je recherchais depuis très longtemps cette pièce rare, découverte sur le net dans notre région du Pas de Calais où l'on peut encore trouver quelques lampes de ce type, compte tenu de son très riche vécu minier.
Alimentée à la benzine, la cuirasse de construction Marsaut Bonnet est amovible comme la lanterne en laiton qui se dévisse de la cuirasse et du réservoir.
Elle est munie d'un double tamis métallique en acier.
Le rallumeur intérieur est de type friction à bande paraffinée type 1897.
La fermeture magnétique est à ressort à boudin.
La mèche ronde.
Le réservoir est en tôle emboutie d'une seule pièce.
Le manchon en cristal de roche de taille 59 x60 est très épais, légèrement ébréché, mais ne présente pas de marque de fabrique apparente.
Un numéro d'identification : 2522 figure sur le chapeau de la cuirasse et le réservoir sur de petites plaques de laiton brasée; le même numéro étant gravé au burin marqueur sur la lanterne de laiton; attestant que les parties constitutives de cette lampe n'ont pas été dissociées tout au cours de son existence.
Son poids est de 1550 grammes; sa hauteur de 290 millimètres.
Cette lampe a été également construite tout en laiton ou en magnalium pour les ingénieurs et géomètres du fond.
La Compagnie des Mines de Bruay a sollicité la construction et l'usage de ce type de lampe dans ses travaux souterrains, parce qu'elle présentait les conditions de sécurité nécessaires pour que son usage dans les mines grisouteuses soit admis par l'Administration supérieure.
Chose faite le 6 novembre 1901 par Mr Gabriel Chesneau, Ingénieur en chef des Mines, Secrétaire de la Commission du Grisou à Paris.
Ne pas confondre cette lampe avec celle de type Béthune, datant de 1906 qui était équipée d'un rallumeur à commande rotative latérale au fulminate, comme les lampes Arras.

Photo 3 :
Il s'agit d'une lampe à huile belge à tamis nu de type Clanny datant de 1890.
Elle est intègre et numérotée tant sur le réservoir que sur l'armature protectrice de l'estampille 302 et 539.
Elle est dotée d'une fermeture de sécurité lectromagnétique agissant sur des crans en périphérie de la rave.
Afin de la protéger de l'oxydation et lui donner un certain cachet, l'armature protectrice de cette lampe a été chromée.
Le verre en cristal de roche est un MP British 59 x60.
Sur la rave on distingue le porte mèche et le tire mouchette, tige de cuivre actionnée depuis le dessous de la lampe qui remonte la mèche quand celle ci est consommée mais aussi pour le réglage de l'éclairage avant la descente.
On distingue sur le porte mèche, la rainure oblong dans laquelle translate le tire mouchette ainsi que la mèche de section prismatique qui passe à travers ce dernier.
La partie circulaire crantée au centre de la rave se visse sur celle ci.
C'est par cette dernière que l'on introduit l'huile combustible et la mèche qui s'en imbibe.
L'usage de ce type de lampe était évité dans les mines grisouteuses, où l'on préférait utiliser des lampes de sécurité à flamme cuirassées de type Marsaut.

Photo 4 :
Il s'agit d'un rare modèle Aberdare du constructeur anglais F. Thomas & Williams datant de 1895 à 1905 environ.
Cette lampe de sécurité à flamme cuirassée est de type Mueseler fonctionnant à l'huile:
Elle est équipée d'une cheminée conique se situant au dessus du manchon en cristal et à l'intérieur du tamis.
On distingue, 3 pattes métalliques à ressort sortant de cette cheminée qui devaient maintenir un autre manchon en cristal interne (protection supplémentaire) à l'intérieur du premier.
Même principe de protection de la flamme que la lampe Patterson HCP figurant sur un article antérieur.
Ces protections renforcées confirment un usage dans des mines grisouteuses.
L'écusson sur la cuirasse, caractéristique des lampes anglaises, mentionne un numéro d'affectation à la lampisterie: 735, sur une zone qui a été rechargée à l'étain, ce qui prouve que cette lampe à changé
de siège minier au moins une fois dans son histoire.
La mèche est prismatique et le tire mouchette est présent.
Les nombreux coups visisbles sur cette lampe, particulièrement sur le réservoir en laiton, attestent un vécu minier intensif.

Photo 5 :
Il s'agit d'une lampe électrique Arras ogivale datant de 1920, qui fut usitée à la fosse Gayant à Waziers.
L'armature protégeant le verre de lampe et l'ampoule qui se visse sur le corps en acier est en laiton massif.
Au dessous du corps, on retrouve bien les deux plots en cuivre rouge servant au rechargement de l'accumulateur sur le banc à la lampisterie.

Déjà utilisée au fond au début du XX ème en même temps que les lampes à flammes, largement usitées, la lampe électrique a le grand avantage de fonctionner dans une atmosphère quelconque. Elle est seule utilisable dans les milieux irrespirables, chargés d'acide carbonique
ou d'azote, par conséquent pour les travaux de sauvetage après une explosion ou un incendie.
L'incandescence du filament d'une ampoule électrique se produisant à l'abri de l'air, il parait rationnel d'utiliser cette propriété pour construire des lampes sans danger, quelque soit le milieu dans lequel elles sont allumées. Il est seulement nécessaire de disposer les
contacts de façon à empêcher tout court-circuit extérieur, et de protéger l'ampoule contre les risques de rupture.

De construction très robuste, en acier embouti, ces lampes sont très lourdes et imposantes de par leur taille, 35 à 45 cm de hauteur pour un poids de 3 à 5 kilos. Leurs pouvoirs éclairant variaient entre 1,5 à 3 bougies.
Les accumulateurs contenus dans une boite étanche se situant à la base de la lampe sont secs; l'électrolyte est absorbé par de la cellulose, ou rendu gélatineux par addition de silicate de soude.
Les électrodes sont généralement en plomb.
Le montage se fait en vissant l'armature sur le récipient contenant les accumulateurs. dans certains systèmes, le dévissage assure l'extinction de la lampe.
Dans d'autres appareils, on dispose un commutateur d'allumage indépendant de l'assemblage entre la monture et le récipient.
L'ampoule est réunie aux bornes de l'accumulateur par une douille et deux lamelles ressort.

Je me souviens, lorsque j'étais étudiant, d'une citation étudiée en philosophie: " Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?..."
Si seulement toutes ces lampes pouvaient parler !.........


  ( 5 photos)  


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