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Les Cinémas de Bruay
par Autrot le, 24/07/2010  

LES CINEMAS DE BRUAY

Très tôt, le cinéma est arrivé à Bruay.
La première projection connue a eu lieu le 17 décembre 1897 dans la salle du cercle pour les élèves des écoles communales.
D'autres suivront à l'Alcazar. Le 18 mars 1900 des tableaux d'actualités y sont présentés par Henri Forestier.
Lors de la ducasse de 1900 le cinématographe de Monsieur Croissart s'est installé dans la commune.
Il sera suivi en décembre par le Royal Bioscope. Puis viendront en 1901 le cinéma Debruyne, le 8 mars 1904 le cinéma Lumière.
Les prix étaient alors de 1, 0.60 et 0.40 francs la place.
Le 28 novembre 1907 les cabaretiers Coqu et Landrieux installés rue du Hamel donnent des séances cinématographiques dans leur établissement.
Les cinémas itinérants continuent à visiter Bruay.
En 1908, c'est la Compagnie Générale d'Exploitation du Cinématographe dirigée par Monsieur Bourgeois qui propose des séances au salon de l'Hermitage Wambergue.
En 1909, la ducasse accueille trois cinématographes : Le Royal cinéma, le Modern Cinéma et le Cinéma Français de Monsieur Camors.
La première salle fixe ouvre le 1er octobre 1909 dans le café tenu par Monsieur Wambergue, rue Marmottant.
Il sera suivi trois mois plus tard par Monsieur Petit au 3 de la rue de Pernes.
En 1911 " Le Royal Cinéma " est installé dans une salle construite par la compagnie des mines en 1900.
Les programmes étaient composés d'une dizaine de courts métrages alternant les drames et les comédies.
Il y avait un arrêt de projection à chaque bobine, parfois plus lorsque le film cassait.
Ceux-ci parfois trop usés n'étaient pas réparables et la projection était reportée. Le " Cinéma Blériot " se trouvait rue des Escaliers. A partir de la fin de 1911 apparaissent des moyens métrages.
Les séances sont alors composées de quatre ou cinq films. Le 12 octobre 1912, c'est l'ouverture de " L'Alcazar Cinéma ". La concurrence entre les salles est serrée. Pour attirer la clientèle, " L'Alcazar " fait venir un orchestre symphonique, tandis que le " Royal " organise une tombola gratuite.
Le premier lot était une montre en argent d'une valeur de quinze francs.
Les principales séances avaient lieu le samedi soir, le dimanche après-midi et soir.
Les prix étaient moins élevés à la séance du dimanche après-midi.
Pendant la première guerre mondiale un quatrième cinéma est ouvert. le " Nouveau cinéma Hôtel Moderne " situé face au Cercle.
On parle aussi durant cette période du " Printania ".
Je ne peux pas dire s'il s'agissait d'un cinquième cinéma ou l'un des quatre autres qui avait changé de nom.
Toujours est-il que ce cinéma a été réquisitionné par les différentes armées au début du conflit.
Lorsqu'il fut libéré, les responsables n'ont pas eu le temps de remettre les fauteuils et les spectateurs s'asseyaient dans la paille.
Entre les deux guerres il y avait seize cinémas à Bruay, ce qui est considérable pour une ville de cette importance.
" Le Royal Cinéma ", " Le Printania ", " L'Alcazar " et le " Moderne " fonctionnaient toujours avec beaucoup de succès.
Les avaient rejoint dans la commune : " Le Skating " en 1920, " Le Casino Palace " en 1928, " L'Eden cinéma " en 1921, " Le Cinéma des familles " en 1922, " Le Bon cinéma " qui était la salle du patronage de l'église St Martin en 1925, " La salle, Place Guynemer " en 1931, " Le Casino Palace " en 1931, " Le Cinéma paroissial Pax " en 1931, " Le cinéma du patronage St Joseph " en 1930, " Le Familia " en 1937, " Le Rex " en 1937 et le " Capitole " en 1938.
Le 18 juillet 1920 une délibération du conseil municipal établit une nouvelle taxe sur les cinémas.
Celle-ci était prise en vertu d'une loi du 25 juin de la même année qui permettait aux communes d'augmenter la taxe pour le droit des pauvres qui était déjà fixée à 10 % des recettes.
Le Maire de l'époque devait avoir de gros soucis financiers, car il fut très rapide à appliquer cette nouvelle loi et se montra gourmand puisqu'il fixa ce droit à 25 % des recettes.
Il justifiait sa décision en précisant que " les besoins du bureau de bienfaisance étaient de plus en plus grands et exigeaient que l'on recherchât des ressources correspondantes.
On en pouvait trouver en taxant davantage le plaisir par l'élévation du droit des pauvres sur certains établissements ".
Evidemment les exploitants ont réagi.
Ils s'estimaient assimilables aux théâtres dont le maximum était fixé à 10 %, tandis que le maire considérait leurs établissements comme les cirques, les bals, etc.
Il leur avait proposé un accord pour une taxe de 20 %, mais les exploitants ont énergiquement refusés de payer plus que ce qu'ils versaient déjà.
Le Maire regretta que les exploitants ne veuillent pas comprendre la situation critique du bureau de bienfaisance qui entraînait une baisse des secours attribués.
Malgré les réactions énergiques des exploitants, le préfet prononça le 16 février 1921 le maintien de cette taxe en raison de la situation financière de la ville.
En 1968, il restait encore six des cinémas dans la ville dont le Modern dont on peut admirer la longévité.
Les autres étaient le Capitole, le Casino Palace, Le Colisée, le Familia et le Rex.
Vers la fin des années quatre vingt dix, la ville de Bruay, profitant des aides apportées par l'état et les collectivités locales a financé un superbe petit complexe de quatre salles qui fonctionnait très bien.
A peine celui-ci avait-il pris sont rythme de croisière que le spectre d'un multiplexe apparaissait.
Béthune, n'ayant plus de cinéma digne de ce nom, il y avait un potentiel pour les promoteurs dans le secteur.
C'est à Bruay que décida de s'installer le groupe CGR en ouvrant, après un an de travaux à la fin de l'année 2000 un complexe de 12 salles regroupant 2500 fauteuils, apportant vingt sept emplois à temps plein dans la localité.


Extrait du livre de Daniel GRANVAL et Olivier JOOS : Histoire des Cinémas du Nord et du Pas-de-Calais


 


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