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le carnet du porteur de feu
par Marie-Claire le, 20/08/2010  

J'ai retrouvé ce petit carnet parmi des photos et des cartes postales de ma famille, au départ je n'y ai pas prêté attention , la couverture est noire un peu tissée et rien n'est écrit dessus et à l'intérieur ce sont les quantités de charbon livrées pour les années 1946 et 1947 que ma grand mère paternelle avait noté, et même la quantité récoltée en 1948 de pommes de terre, de seigle, d'orge et d'avoine .. , non mes grands parents n'avaient pas une ferme mais mon grand père cultivait beaucoup, il avait un champ en plus de son jardin et ils avaient beaucoup d'animaux, ils ont même eu des cochons, une chèvre ...
J'y ai trouvé également les mensurations de certaines clientes de ma grand mère qui était couturière

Bon pour en revenir à ce carnet, c'est le carnet du porteur de feu de la compagnie de Béthune, où il est prévu d'indiquer journellement : les numéros des lampes remises aux ouvriers, le nom de l'ouvrier et les numéros des lampes rendues
Il n'y a qu'une quinzaine de pages et 15 lignes par page , peut être y avait il un carnet pas jour
Je me pose une question car je ne connaissais pas cette expression minière "porteur de feu", si quelqu'un peut y répondre : est ce que le porteur de feu était le lampiste ou quelqu'un qui se déplaçait dans les galeries pour remplacer des lampes défaillantes en cours de journée (ce qui expliquerait le peu de pages du carnet) ?

Je vous mets en photos la page de garde et une page intérieure (qui a échappée à ma grand mère ...)

par maurice devos le, 20/08/2010

jamais intindu ch'mot la , et incore moins s'que cha veut dire , mais j'in connot un qui va pas tarder à réponte

par URBACZKA BERNARD le, 20/08/2010

Bonjour . Tout a fait , bonne déduction: le travail de certains galibots consistait à porter des lampes et remplacer celles des ouvriers qui s'étaient éteintes.
Par contre je ne savais pas qu'ils avaient un calepin de suivi: sur le blog d'ANDRE DE MARLES al'heure de 17h page 21 , 1° photo il en existe une autre ou le galibot porte un balancier sur son épaule avec 4 ou 5 lampes.

par Marie-Claire le, 20/08/2010

Merci Bernard pour votre réponse , oui je connais la photo on dira plutôt du porteur de lampes, peut être que l'expression "porteur de feu" est particulière à la compagnie de Béthune ainsi que le carnet

par PAILLART André le, 20/08/2010

Le porteur de feux ou de lampes.
Au début du XX ème siècle, un galibot de 13 à 14 ans circulait dans les voies pour remplacer les lampes éteintes, que l'ouvrier ne pouvait rallumer, en raison de leur fermeture de sécurité.
En effet, le contact de la flamme avec le méthane (grisou) générait une explosion fatale que l'on nommait coup de grisou, qui s'en suivait d'un coup de poussier (inflammation des particules de charbon dans les
galeries ), ce fut la cause de la terrible catastrophe des mines de Courrières en mars 1906 qui fit 1099 victimes.
Les lampes du constructeur belge Joris qui alimentaient nos compagnies étaient dotées de ce système de sécurité et ne pouvaient être ouvertes qu'à la lampisterie.
Quand la lampe était éteinte au fond, on appelait le porteur de feux qui soutenait sur ses épaules un large manche en bois avec une courbure au centre pour caler ce dernier sur la nuque afin d'éviter qu'il chute malencontreusement.

Sur ce manche étaient accrochées 4 voir 6 lampes allumées qu'il échangeait avec celles éteintes accidentellement des ouvriers du fond.
Il s'agissait de lampes de type Marsaut (à huile); une inclinaison trop importante de l'outil ou un courant d'air supérieur à la normale, voir un charbonnage prématuré de la mèche, provoquait l'extinction de la lampe.
Par la suite la lampe à essence de type Wolf fut créée (vers 1900), elle fonctionnait à la benzine et était dotée d'un rallumeur ou briquet dont les étincelles allumaient les gaz des vapeurs d'essence.
Le mineur pouvait de ce fait rallumer au fond sa lampe en cas d'extinction en activant ce briquet.
C'est ainsi que le porteur de feux disparu progressivement des métiers de la mine.

Pour en revenir à ce petit carnet, les lampes étaient des outils très couteux pour les Compagnies Minières, qui étaient numérotées et soigneusement entretenues.
Chaque échange de lampes au fond étaient notifiés dans ce carnet par le porte feux, qui rendaient compte au porion lampiste à sa remontée.
Les lampes de rechange allumées étaient entreposées dans un magasin au fond que l'on nommait le coffre, ce qui évitait au porte feux des allers retours intempestifs entre le fond et la lampisterie du jour.

En photo : un galibot porte feux saisi en 1902 dans les mines de Carvin

par Daniel Poquet le, 20/08/2010

porteur de feu , bonjour il y a 60 ans j'ai fait le porteur de feu en plus de la tache que nous avions à faire , rouler les berlines , transporter les bois , ou au chargement des berlines toujours dans un endroit bien défini pour trouver les lampes à essence sans rallumeur (dans les quartiers grisouteux)
tous les jeunes de 14 A 15 ans l'ont fait au moins une fois , au n°3 de Bruay pas de carnet comme vous le présentez, Je suis collectionneur j'en ai des carnets mais pas celui là pour moi c'est un inconnu que j'aimerais bien trouver , il y a une photo qui illustre bien le porteur de feu avec le porte seau , à Auchel une caisse en bois pour mettre 6 lampes comme une valise (j'en ai une), à Bruay au n°3 une ceinture en cuir comme un collier de chien pour 2 lampes et 2 dans les mains plus la notre électrique à la ceinture
l'échange se faisait simplement une éteinte contre une allumée sans notation
porteur de feu , Marie Claire c'était bien l'appellation exacte à Bruay en Artois
cordialement à tous ça me rajeunit

par Daniel Poquet le, 20/08/2010

"porteu de feu" André dans son texte les lampes servaient à s'éclairer, dans les années 1950 les ouvriers, galibots, ont avait des lampes électrique a main, la lampe à essence était réservé aux gazier, le boute-feu, le porion, la lampe s'éteint souvent avec l'explosion des mines "le souffle" pour le boute- feu si sa lampe était éteinte pour refaire un tir il lui fallait une autre lampe pour controler la teneur en grisou d'où l'utilité du porteur de feu
le porion avait juste une lampe à essence, ne pas oublier que c'est une lampes de sécurité qui sert à la detection du grisou et de l'oxyde de carbone jusqu'à la fermeture des fosses elle n'a servi qu'à cela
cordialement attention on va buquer


  ( 3 photos)  


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