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pélerinage en Artois, les indigènes partie3
par bourdonb le, 10/11/2005  

Aux régiments et aux unités formant corps, qui ont obtenu deux citations collectives à l'ordre de l'armée, le général commandant en chef confère la fourragère. C'est ainsi que la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre est conférée à la date du 25 août 1916 au régiment d'infanterie coloniale du Maroc. Premier motif : il s'est conduit de la façon la plus glorieuse lors des attaques qu'il a menées dans les journées des 17, 18 et 21 décembre 1914. Second motif : conquête «pied à pied, puis dans un magnifique assaut , des deux tiers d'un village en ruines important pour la défense, où l'ennemi était formidablement retranché ». Le régiment devait être relevé. Il reste «jusqu'à ce qu'il eut achevé son oeuvre». Ce qui est fait dans la nuit suivante.

Deux mois plus tard, le régiment se voit attribuer la croix de la Légion d'honneur, distinction attribuée traditionnellement à un régiment pour le récompenser de la prise d'un drapeau ennemi. Dans le cas présent, il s'agit d'un fait d'armes. Et quel fait d'armes

« Le 24 octobre 1916, renforcé du 43ème bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis, a enlevé d'un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l'énergique commandement du lieutenant-colonel Régnier, brisant les résistances successives de l'ennemi sur une profondeur de 2 kilomètres ; a inscrit une page glorieuse à son histoire en s'emparant, dans un assaut irrésistible, du fort de Douaumont, et en conservant sa conquête, malgré les contre-attaques répétées de l'ennemi ».

Ministre de la Guerre par intérim, l'amiral Lacaze estime « que la prise du fort de Douaumont peut être inter¬prétée comme équivalente à la prise de haute lutte d'un drapeau ennemi ». Le président de la République ratifie ce jugement. A l'extrémité de la hampe du drapeau du régiment d'infanterie coloniale du Maroc, une nouvelle croix vient s’ajouter aux autres : la première croix de la Légion d'hon¬neur décernée pour fait de guerre.

Les exploits des soldats de ce régiment ne se comp¬tent plus. Une nouvelle prouesse apportera à leur drapeau la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire

« Le 15 décembre 1916, sous l'énergique commandement du lieutenant-colonel Régnier qui, blessé la veille, avait refusé de se laisser évacuer, a, d'un seul et irrésistible élan, enfoncé les lignes ennemies sur une profondeur de 2 kilomètres, enlevant successivement plusieurs tranchées, deux ouvrages et un village fortifié, capturant 815 prisonniers dont 20 officiers et prenant ou détruisant 16 canons, 10 canons de tranchée, 23 mitrailleuses et un nombreux matériel de guerre ».

Après le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, les tirailleurs sénégalais : l'armée noire. Une épopée : Dixmude, l'Yser.

Les troupes belges, épuisées, ont besoin d'un renfort immédiat. Après Rocroi, après la Marne, les troupes coloniales venues du Maroc sont en grande partie décimées. Avec les survivants et 3 000 recrues indigènes de l'Afrique noire, un régiment est immédiatement formé et acheminé en Belgique. Direction Dixmude où les hommes arrivent le 26 octobre à 10 heures.

Pour défendre la ville, face aux troupes allemandes des fusiliers marins, 3 sections de la 1ère Cie et la 2ème Cie de tirailleurs sénégalais, des soldats belges, puis la5ème Cie et la 4ème Cie de tirailleurs sénégalais.

Pendant plusieurs jours, pour ces Noirs venus com¬battre, c'est d'abord une immobilité insupportable dans les tranchées ; pour ces Noirs qui ont quitté le soleil tropical, c'est en plus la pluie, une pluie fine, incessante. Pour ces Noirs, c'est la nostalgie du pays lointain. Il faut un dérivatif, une occupation : des travaux d'aménagement de tranchées.


 


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