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100 ZARTIQUES
par berlens78 le, 02/05/2020  

Cha y est, j’ai passé les chint zartiques, j’in sus minme à 102 ! chint zartiques éd pis qu’ j’ai comminché à raconter des zhistoires sur Histoires de Chtis y a un an et demi.

Chint zartiques, cha comminche à faire un biau tas, et avec pus d’ 128 000 mots, cha férot un live éd’ pus 400 paches déjà, sans chés zimaches !

Mais j’ vas pas écrire éd’ lives ; i n’a déjà assez comme cha dins chés rayons ! Mi j’ préfère raconter mes zhistoires ichi, qu’in est intre nous ; qu’in s’ comprind ; qu’ tout l’ monde i est là tous les jours, fidèles au poste.

Le premier article a été écrit et publié en français ; j’y parlais de la Toussaint et des chrysanthèmes que cultivaient mon père. Je ne savais pas encore que je pouvais écrire en patois, et je m’en étais d’ailleurs excusé auprès de Marie-Claire. Et dès l’article suivant, je m’y essayais et les mots et les phrases se déroulaient toutes seules, comme si j’étais devenu médium et n’avais qu’à coucher sur le papier un patois que je ne savais pas si bien maîtriser.

Enfant je ne parlais pas patois à la maison ; ni à l’école ; c’était interdit ; et on était puni quand on prononçait n’était-ce qu’un seul mot en patois. Mes parents faisaient honneur à leur devoir d’éducation et s’efforçaient, avec difficulté souvent, de ne pas parler partois en notre présence, les enfants. Les commerçants non plus. Alors, finalement, qui parlait patois ? Des gens de passage, des amis, des gens de la famille qui nous rendaient visite, qui, eux aussi, parlaient bien le français au début en arrivant (coup de coude de la femme qui disait à s’ n’ homme « attintion à chu qu’ té dis, té parle mal, y’ a des gosses ichi ! ») mais qui, peu à peu, le vin , le plaisir de converser et l’enthousiasme aidant, se laissaient aller à leur langue naturelle . Et c’était là que les langues se déliaient, que les esprits se libéraient ; ce n’était pas tant l’alcool que la résurgence du patois qui leur donnait des couleurs, les entrainait dans des histoires invraisemblables, des expressions fulgurantes, des émotions communicatives, des éclats de rire indécents …

Et nous, enfants, on était là, on écoutait les grands, on les regardait. Tout le monde parlait en même temps, s’ esclaffait, en rajoutait des tonnes ; dans ce brouhaha il n’y avait pas de place pour nous, les écoliers, les petits singes savants qui ne parlaient pas la même langue. On écoutait et on regardait cette langue inconnue, fleurie, imagée, pleine de vie, qu’on n’était pas censés connaître et que l’on comprenait cependant. C’est sans doute ainsi que j’ai appris à parler patois. Pas seulement à le parler, mais à l’écouter et à le vivre. Quand un mot patois me vient à l’esprit, il est souvent associé à des visages, des lieux, des souvenirs ; comme si chaque mot avait ses racines visibles, son histoire, ses interprètes ; portait en lui les expressions, les souvenirs, les émotions des temps anciens. Les grands, eux, parlaient parfaitement la même langue, même si quelques différences apparaissaient dans certains mots ou expressions qui venaient de la campagne, des fermes, des sinciers … Mais il n’y avait pas de mot inconnu ; chaque mot patois portait en lui sa traduction en image, en odeur, en sonorité, qui lui donnait son sens. Et souvent il était prononcé assorti de telles mimiques qu’il n’y avait pas de place à l’incompréhension.

Non seulement on comprenait immédiatement les mots et expressions inconnues, mais ils se gravaient aussi instantanément dans notre cerveau, avec une telle intensité qu’on ne pouvait plus les oublier. C’est ce que je ressens aujourd’hui ; non seulement je n’ai jamais jamais parlé patois chez moi enfant, mais pas davantage plus tard où ma vie sociale et professionnelle en région parisienne ne me l’aurait pas autorisé. Il y a bien eu parfois, une fois adultes, des grandes parties de rigolade en patois avec mes frères : comme moi, jamais ils n’avaient eu le droit de parler patois et voilà qu’on parlait en se comprenant dans une langue étrangère, et ce non seulement sans effort, mais aussi avec un plaisir évident , sans malice ; le même plaisir qu’on ressentait, enfant, à faire des bêtises en cachette… . La tour de Babel à l’envers. La science infuse. Comme si le dictionnaire du patois avait été gravé dans nos gênes, chose évidemmment impossible puisque qu’il n’existe pas plus de dictionnaire du patois que de règles grammaticales … Enfin si, il en existe, mais en autant d’exemplaires qu’il y a de villes, de villages, de régions … et peut-être même de gens ; chacun ayant le sien finalement, avec ses propres règles.

Tout cha pour dire qu’ jé du mau à comprinde chux qui disent qui parlent et comprinnent él patois mais qui n’ savent pas l’écrire ! … alors qu’ cha ch’écrit comme cha s’ prononche. Chés mots, té lé pinses, té lé fais sortir dé t’ tête et té z’ écris sur tin clavier, comme té les zintinds, comme cha s’ prononche, comme i viennent ; après cha, té z’arlis et té mets l’ dernière main à l’ pâte, in corrigeant un mot par chi par là, in rajoutant eune espression, eune phrase dé t’ mère qui t’arpasse à l’ esprit. J’ diros minme que ché pas délle correction orthographique mais délle correction musicale ; ché pus des linnes mais des portées ; et chés mots ché pus des lettes mais des notes éd’ musique ; avec des qui sont mal plachées, trop haut ou bin trop bas, trop espacées, pas à leu plache. I suffit d’ les déplacher un tiot peu, un coup à droite, un coup à gauche ; pis dé z’arlire après, mais pas avec ses ziux , avec ses zorelles …

Tout cha cor pour dire qué j’trouve qu’y a pus grand monde qui raconte s’ vie , ses souvenirs, su ch’ site Histoires de Chtis ; et qu’ ché bien dommache. Que minme si gramint y a déjà été dit, et minme presque tout, qu’ ché pas grave, qu’i faut pas baisser les bras ; qu’ chacun i pourrot raconter l’ minme histoire qu’au final cha s’ rot à chaque fos différint ; passe que contrairemint au français, bien codifié, classifié, bien ringé, avec ses manuels éd’ grammaire, ses exégètes, ses académiciens, ses puristes et ses ayatolah, l’ patois chacun i a l’ sien , ou y’ a eu l’ sien ; chti dé s’ famille, dé s’ baraque dins sin coron. Chés mineurs du 4, chés femmes, i parlotent pas tout à fait parelles qu’ chés mineurs et chés femmes du 3 ou du 6, et cor moins chés mineurs éd’ Marles, éd Calonne, éd’ Denain… Alors faites un essayache …Racontez par exempe chacun un repas d’ vote éfanche à vous maison, avec vos souvenirs à vous, avec vote patois à vous, avec vos émotions à vous, et vous verrez qu’ i aura pas deux histoires parelles. Et croyez surtout pas qu’ cha intéressera personne, bin au contraire. In a tous quère lire les zhistoires dés zautes, passe qu’in est curieux, qu’in a quère mette sin nez tout partout, savoir quo qu’i s’ passe derrière chés rideaux, comparer, critiquer, ardire… Alors au début in dira « ah ! bin chelle lalle i l’ont déjà racontée » mais in continuera quand minme, in y prindra goût, in dira « Ah bin, cha, chétot pas tout à fait parelle qu’à m’ baraque ; cha in n’in mingeot pas » pis ainsi à l’avenant. Pis finalemint in aura cor découvert quéque cosse ; Et minme si ché archi connu, qu’in l’a intindu chinquante fos, bin in aura quand minme passé un bon momint, in aura pinsé à aute cosse, in aura arplongé dins nos souvenirs qu’in a tous quère. Comme in viux film avec De Funès ou l’ 7ième compagnie qu’in a vu des centaines éd fos et qu’in s’ lache pas d’ arvire ….

Cha m’ fait pinser aussi à chés dessins qu’in faijot à l’école primaire ; ch’ maite i dijot « Dessinez un arbre » ; alors tout l’ monde i sortot s’ belle feulle blanque caran d’ache, pis ses crayons d’ couleur ou ses aquarelles. Et chacun i s’ mettot à l’ouvrache ; i n’a qui zessayotent d’ raviser par elle ferniette vire un arbe pour avoir un modèle, d’autes couchés sur leu feulle que chés modèles i zétotent dins leu caboche, des zautes pas trop inspirés qui copiotent sur leus voisins ... Pis ch’ maite i ramassot chés dessins et i les zacccochot à ch’ mur avec des punaisses, et in allot vire commint qué zautes i zavotent fait . Chétot un arbe, souvint l’ minme sorte, mais y’ avot pas un dessin parelle ; passe que chacun y’ avot mis s’ personnalité dins ch’ dessin ; et qu’in ravisant d’ pus près dins chés branques et ché feulles, in découvrot quéque cosse qu’in savot pas cor trop quo qu’ chétot, la sensibilité.

Alors armettez-vous à vous claviers, à vous tablettes, à vous téléphones ; et racontez tout chu qui vous passe par la tête ; vous allez vire cha vient tout seu ; et après in peut pus s’arrêter …. Et pis pinsez un peu à Marie Claire et à Fred qui zont pus grand cosse à faire d’pis un momint ; bon i sont à l’ artraite mais justemint, cha leu in fait du temps libe pou mette in line vos histoires ; alors seuchez- (si , si cha s’ dit ..) pas timides, pinsez à zautres, à tous cheux aussi qui zattindent éd’ lire vos histoires avec impaciinche (cha s’dit aussi…)

RACONTEZ-NOUS VOUS VIES D’AVANT, VOUS SOUVENIRS ! CHA INTÉRESSE TOUT L’ MONDE !!!...MINME SI VOUS PINSEZ QU’ NAN …


 


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