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témoignage 1939, évacuation de la Lorraine vers Marles (suite)
par Pierre Petry le, 12/12/2005  

J'ai également ajouté une lettre que j'ai du traduire. Lettre de mon oncle Johann à son frère (mon père) Joseph.
Tous deux avaient été évacués en 1939 dans le Nord l'un à Henin Liétard et l'autre à Marles les Mines.


Henin Liétard le 23/11/1939

Cher frère, belle-sœur et enfants.

Nous venons de recevoir avec plaisir votre aimable lettre du 17 de ce mois.
Nous sommes tous en bonne santé sauf Johanna qui a une inflammation à une jambe, nous avions le médecin à domicile mais c'est déjà en bonne voie de guérison. Nous sommes maintenant à peu près coquettement installés, nous avons eu un grand lit mais pas comme à la maison, c'est un simple châssis de bois avec fil de fer, flanqué d'un sac de foin en guise de paillasse, mais dessus nous avons un bon plumeau que nous avons reçu des parents des gens qui nous hébergent. Dans ce lit dorment Johanna, Denise et Gertrude.
Ensuite nous avons encore 2 lits d'hôpital de campagne où se reposent, moi, Ewald et Paula. Il nous faut encore une bonne couverture parce que la nuit dernière il avait fortement gelé, alors on n'arrive pas à avoir correctement chaud. Nous habitons chez des polonais, un jour ils sont bien lunés un autre jour non. Ca ne leurs convient pas qu'il y a d'autres gens chez eux, bien oui nous non plus ça ne nous convient pas, mais c'est la guerre.

Je travaille depuis le 17 octobre, je suis dans une veine très basse, ici toutes les tailles sont très basses. Pour le moment je ne fais que le poste du matin. Le soir je suis crevé comme un chien. Le matin je pars à 5 heures moins le quart et le soir je rentre à 4 heures et demi. 40 minutes de trajet nous séparent du lieu de travail.
Le mois dernier j'ai gagné 67 francs. Ce mois-ci on aura plus. Maintenant je viens juste de faire une tache, je demande pardon. Le mois dernier nous étions classés en indice 93 et le mois qui vient-on passe en 100. Alors comme ça le josef rentre tout noir à la maison, j'aimerais bien le voir ainsi.
Ici on a de très belles douches, même mieux qu'a Rosselle. Est-ce que josef a aussi eu des espadrilles pour aller dans la mine, moi je n'ai plus envie de quitter les miennes. Lundi j'ai eu mon argent de Rosselle 833 francs pour 19 postes et demain ici on touche l'acompte.
Mais il y a tellement de choses à acheter que l'argent ne suffit jamais. Demain Gerda et Paula auront des chaussures et moi je n'ai rien de chaud à me mettre pour aller au puits.
Est-ce que Josef a dut payer le voyage ? Dupré Matz est encore intéressé. A tu vus le Lauer Michel ? Un homme assez petit, à Rosselle il venait souvent à la maison! Tu dois le connaître. Regarde voir si tu peux me procurer son adresse, je crois qu'il est à Bruay.

Enfin... combien de temps va durer cette guerre, j'espère pas aussi longtemps que l'autre. Le mieux serait quand même d'être chez soi, dans sa maison. Qu'est ce qu'on était bien logé et on gagnait bien et maintenant la guerre ? Qu'en est-il de Nilda, Alvis, Michel et Albert travaillent-ils ? Et la Mimi vit-elle encore ? je pense souvent à eux. Heureusement que mère est morte, si elle aurait dut endurer tout çà, sut été le comble. Maintenant elle garde le cimetière, personne dans le village, c'est triste quand on réfléchit à çà, c'est quoi la vie

• nos jours P Rien ! Mère se plaignait toujours de ses garçons, et où sont la plupart de ses garçons maintenant? Mais espérons que nous aurons des jours meilleurs. Pour aujourd'hui je vais arrêter d'ecrire. Jusqu'à d'heureuses retrouvailles. Salut cordialement tout le monde.

Johann johanna et les enfants.

Au revoir. Espérons une réponse rapide. Bonne nuit Strippchen (surnom de josel)

johann va au lit maintenant il a beaucoup cravaché aujourd'hui (Ecrit par Johanna)


 


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