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La rémunération (la quinzaine) du mineur
par Minloute le, 12/11/2004  

Toutes les quinzaines, généralement le 10 et le 25 de chaque mois, le mineur va toucher son salaire.

Moment attendu !

Naguère, la paye se faisait les dimanches; les ouvriers venaient après la messe et dans leurs habits de repos.

Ils passaient ainsi devant les cafés et les cabarets et, loin de chez eux, avec de l’argent en poche, la tentation d’y entrer était grande.

Un moyen simple a mis fin à ces abus.

La paye ne se fait plus les dimanches, mais dans la semaine et à la fin de la journée : l’ouvrier vient la recevoir en habit de travail et la porte par conséquent toute entière chez lui où le besoin de nourriture et de repos le force de rentrer.

Certaines épouses, par expérience, allaient attendre leurs maris à la sortie de la fosse, afin de récupérer la dite quinzaine, évitant ainsi le «crochet » du cabaret.

Décidément, les Compagnies prennent grand soin de la sobriété des mineurs !

Est-ce à dire, cependant, que les salaires versés soient si justes qu’ils fassent d’un «arrosage », somme toute bien compréhensible, une imprudence qui compromet la fin de la quinzaine ?

Les variations de salaires existent de compagnies à compagnies, mais elles ne s’arrêtent pas là.

Les modes de fixation du gain expliquent d’abord cette instabilité, on travaille à la journée, à la tache, à la benne, jamais à l’heure.

Encore le travail à la journée est-il rare au fond, et réservé à la coupe à terre ou aux mineurs d’avaleresse (nom donné aux fonçages avant que la rencontre des terrains houillers n’autorise le cuvelage qui en fera des puits).

Les mineurs de la taille, en particulier les boiseurs et les piqueurs sont le plus souvent payés à la tache : le boisage lorsqu’il est l’affaire de spécialistes est payé à l’entreprise, c’est à dire au nombre de cadres posés.

Le mineur au rocher est payé au mettre d’avancement, le mineur à la veine à la quantité extraite, souvent la benne, dont le prix et le poids varient suivant les régions.

Haton de la Goupillière justifie la généralisation du travail à la tâche :

« L’ouvrier payé à la journée produit peu, d’après la propension naturelle qui le porte à moins se fatiguer, ou s’assurant précisément par-là une durée d’occupation plus prolongée ; De plus, le zèle, la capacité demeurent alors récompense, ce qui est contraire à toute équité. »

Reybaud renchérit :

«Avec le travail à la tache, l’ouvrier prend goût à ce qu’il fait, attache à la matière qu’il façonne une signification que jadis elle n’avait pas, se sent investi d’un droit dès qu’il prélève sur elle un tribut proportionnel. »

De fait, les mineurs acceptent alors volontiers ce moyen de règlement et trouvent même choquant que chacun gagne le même salaire, quelle que soit sa capacité.

Des voix s’élèvent cependant pour en dénoncer les dangers.

Si le seul est dur, l’ouvrier n’arrive pas à faire sa journée. Si le charbon est trop tendre, l’ouvrier gagnerait trop parce qu’il produit trop vite.

Si le plafond est solide, le boisage est plus espacé, le travail doit se payer moins cher ; si le plafond est mouvant, le piqueur est obligé d’avancer moins vite pour se garer des éboulements, il prend plus de temps et de peine à boiser.

Certains s’insurgent contre ce type de rémunération qui entraîne l’ouvrier, pour aller plus vite, à négliger les précautions, à simplifier les boisages, à excaver sous de trop lourdes masses.

Pour parer à ces critiques, les Compagnies ont pour la plus part adopté les formules que Zola découvre à Anzin.

Lorsque la tâche est individuelle, chaque berline abattue par l’ouvrier est portée à son compte, à la recette supérieure, grâce à la fiche métallique numérotée qui y est attachée, à moins qu’elle ne lui soit refusée, parce que le herscheur l’a insuffisamment remplie.

Son prix est déterminé en fonction des difficultés de travail de la couche et de manière qu’un ouvrier de force moyenne, en 8 heures de temps, puisse recevoir un salaire honnête, qui est aussi le salaire minimum.

Pour éviter toutefois que le désir de grossir démesurément son gain ne le pousse à une précipitation fâcheuse, un volume maximum est fixé :
(4 à 4,75 m3 généralement).

La pratique de la tache collective est plus curieuse, c’est le «marchandage », tous les 2,3 ou 4 mois, la Compagnie affiche la liste des tailles, cubées à l’avance, pour les adjuger aux enchères, 15 jours après, à des groupes de 4 à 6 ouvriers, nommés ici «brigades », là «sociétés » ou simplement «chantiers ».

Ces équipes constituées généralement par affinités, tout en additionnant les compétences nécessaires à chaque poste, sont souvent unies par des liens de parenté.

Et parfos, eun’famille intière
Formot eune équipe ed’parints
L’pus vieux mineur, à l’ordinaire
Dirigeot l’binde amical’mint

C ‘est lui, en particulier, qui a pris soin d’aller voir les tailles pour en apprécier les difficultés et en déceler les caractéristiques.

Le jour des enchères, juché sur une estrade dressée près de la baraque de la fosse, l’ingénieur divisionnaire s’époumone : « Qui met à prix ? »

L’adjudication se fait alors au rabais, et le lot, la taille, revient à l’équipe qui a fait l’offre la plus avantageuse, sans toutefois atteindre un minimum préétabli.

Façon pour la compagnie de limiter sa responsabilité ; les ouvriers ne sont pas dupes : « Le marchandage déplaît fort, c’est l’ouvrier qui se tue par l’ouvrier grâce à l’enchère.

A la recette, les berlines sont donc comptées par équipe.

La Compagnie d’Anzin assure elle-même le partage du salaire également entre les mineurs : « Elle défend même les remises de la main à la main, mais ça ce fait » note Zola.

Ailleurs, c’est souvent le rôle du chef de groupe de donner, au bout de la quinzaine, la part qui revient à chacun des équipiers en fonction de son importance ou de son ancienneté.

Autre occasion, naguère, d’entrer au cabaret : « Ils avaient l’habitude de partager leur paye au café et de dépenser en consommation toute fraction dépassant zéro. »

La quinzaine du mineur n’est pas seulement le résultat de cette simple division.

S’y ajoutent des avantages en nature.

Sans parler des possibilités de logement, de l’école, des soins médicaux auxquels lui donnent droit sa participation à la caisse de secours et des «prestations sociales », comme on dirait aujourd’hui, que lui assurent la plupart des grandes compagnies et sur lesquelles il reçoit gratuitement ou à prix réduit, un lot de charbon de seconde qualité pour son chauffage.

Un peu de bois, produit des éclats du boisage, s’y mêle parfois.

A l’inverse, les retenues, parfois importantes, amputent le salaire du mineur.

Celle de la caisse de secours ne dépasse guère 3 %.

Mais les amendes, imprévisibles, sont parfois lourdes.

Elles sanctionnent les infractions à la discipline, surtout lorsqu’il s’agit du respect de l’horaire ou de la sécurité.

La seule odeur de la pipe peut motiver une peine pécuniaire pour tout un chantier, si les coupables ne sont pas reconnus.

A plus forte raison, l’ouverture d’une lampe !

Que l’organisation du travail se modifie et les amendes pleuvent soudain jusqu’à ce que l’ouvrier se soit plié au nouveau règlement.

Zola a noté quelques tarifs à Anzin :

• Absence non justifiée : 1 franc par jour ; lundi : 3 francs
• Bois espacé : 2 à 3 francs
• Charbon sale : 50 centimes

Il faut encore compter diverses déductions :

Le mineur participe aux frais :

« Ses outils lui sont fournis par la compagnie contre un cautionnement de 100 francs, et remplacés lorsqu’ils sont usés ou brisés ; si il ne les représente pas, il en paye le prix d’après le tarif.

Qu’un éboulement survienne, enfouissant pic ou pelle, c’est donc le mineur qui en subit le préjudice.

L’huile reste longtemps à la charge de l’ouvrier.

L’ouvrier ne peut pas dans ses conditions, connaître précisément, par avance le montant de son salaire et la déception est parfois cruelle.

Il reste d’ailleurs à la merci du chômage, même si, comparé aux autres ouvriers, le mineur peut de ce point de vue paraître privilégié.

D’un bassin à l’autre et suivant les années, le nombre de jours de travail varie tout de même sensiblement.

Aux mines de l’Escarpelle, près de Douai, on travaille 365 jours en 1883, à Carmaux, dent cent quatre vingt quatorze jours en 1879.

On le voit, à vivre au jour le jour, les soucis ne manquent pas pour le mineur qui ne peut avoir l’assurance d’un salaire décent.


 


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